Craignant des failles pour la sécurité du pays, le régime a interdit l’utilisation du jeu de chasse de créatures virtuelles en géolocalisation. La résistance s’organise,les autorités ont évoqué des problèmes liés à la sécurité nationale car la plate-forme permet la géolocalisation des utilisateurs qui, selon elles, peut être utilisée à des fins d’espionnage. 

 

L’Iran est le premier et unique pays à avoir interdit l’utilisation de Pokémon Go. L’omniprésent jeu de réalité augmentée a été banni début juillet, quelques jours seulement après son lancement, par le Haut conseil du cyberespace, une instance gouvernementale. Parce que ce jeu mélange le monde virtuel et réel, il peut poser beaucoup de problèmes au pays et aux gens en termes de sécurité », a déclaré vendredi le procureur général adjoint, Abdolsamad Khoram-Abadi.

Ces jeux peuvent devenir un moyen pour diriger des missiles guidés et même causer des problèmes aux ambulances et aux pompiers, » a déclaré Alireza Al-Davoud, un analyste proche des radicaux à l’agence Tasnim, ajoutant craindre que le jeu américain puisse être utilisé pour espionner l’Iran.

                Des jeunes Iraniens jouent à Pokémon Go, le 3 août 2016, à Téhéran.©AllotechDz

L’Iran bloque déjà nombreux sites et réseaux sociaux, dont compris Facebook et Twitter. Le pays est d’ailleurs le premier utilisateur de Telegram, une application de messagerie réputée pour son cryptage, souvent utilisée pour contourner la censure ambiante. Cette interdiction n’a pas empêché des fans déterminés à traquer les créatures virtuelles à l’aide de VPN (réseaux privés virtuels), utilisés sur ordinateur ou téléphone portable, pour contourner les filtres. Disponibles dans la plupart des magasins d’informatique, ces cartes permettent d’accéder à Facebook, Youtube ou d’autres sites interdits pour seulement deux dollars par mois.

Le principal obstacle pour les fans de Pokémon Go en Iran reste le manque de « PokeStops » ou d’arènes virtuelles sur les cartes utilisées par le jeu, qui résulte du manque d’informations cartographiques disponible sur le pays pour Google. Le parc Mellat, qui possède un « PokeStop » et deux « arènes », a récemment attiré une trentaine d’adolescents venus traquer les Pokémon.

Cela montre à quel point les données sur l’Iran sont rares sur internet.