Le Premier ministre qui a réaffirmé le soutien du gouvernement au ministre de la Communication dans sa mission d’assainissement de la presse, a fait savoir que ce serait désormais tolérance zéro avec les médias de la haine et de l’invective…

Sellal hausse le ton avec les chaînes de télévision privées! Le Premier ministre a convoqué, hier, pratiquement tous les membres de son gouvernement pour une petite cérémonie de destruction de deux millions de supports audiovisuels piratés, organisée par l’Office national des droits d’auteurs et des droits voisins (Onda). Cette «mise en scène» n’était pas anodine car elle avait pour but de mettre le holà à l’anarchie qui règne actuellement dans le secteur de l’audiovisuel. Le chef de l’Exécutif a pris ses ministres à témoin pour sonner la fin de la récréation dans ce secteur des plus sensibles. Et comme il a tenu à bien le souligner, c’est le ministre de la Communication, Hamid Grine, qui est chargé d’assainir le secteur des médias. «Le gouvernement, je dis bien le gouvernement, a chargé le ministre de la Communication d’assainir la situation dans les meilleurs délais, en attendant la mise en place de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) qui interviendra dans les prochaines semaines», a-t-il souligné, balayant par la même les attaques que subit Hamid Grine étant accusé de faire cavalier seul. Abdelmalek Sellal réaffirme de ce fait la solidarité gouvernementale et le soutien des hautes autorités au ministre de la Communication qui mène la délicate mission de professionnalisation de la presse, avec un plan d’action clair, dicté par le président Bouteflika.


Le Premier ministre qui annonce le retour effectif de l’Arav, fait savoir qu’elle sera accompagnée de la naissance officielle de l’audiovisuel privé en Algérie. Il indique que le cahier des charges régulant les activités des chaînes privées dans le pays vient enfin d’être lancé. «Un dispositif d’agrément pour les opérateurs désirant offrir un service de communication télévisuel et radiophonique a été mis en place sur la base d’un cahier des charges qui vient d’être finalisé et qui fixe clairement les droits et obligations dans ce domaine d’activité», a-t-il expliqué. Ce sera donc la fin des chaînes «offshore». On aura de vraies chaînes privées algériennes, de droit algérien, qui pourront même bénéficier des aides de l’Etat. «Toutes les télévisions qui se conformeront audit cahier des charges seront agréées en tant que chaînes algériennes bénéficiant de toutes les mesures de soutien et d’encouragement prévues par la loi», avisant que celles qui «y dérogeront se verront interdire l’activité en Algérie». Le Premier ministre a tenu à préciser qu’il «ne s’agit pas d’une remise en cause de l’ouverture du paysage audiovisuel, mais d’une réglementation d’un domaine d’activité, comme il en existe dans tous les pays du monde et pour préserver la santé morale du pays». Un «souk» qui semble exaspérer le gouvernement en général et le Premier ministre en particulier. Habituellement calme et serein, celui-ci a laissé sa bonne humeur de côté pour mettre en garde contre les dépassements. Il fait clairement savoir que l’époque de l’impunité était terminée.
«A compter de ce jour aucun dépassement ne sera plus toléré et force restera à la loi dans toute sa rigueur et en toutes circonstances», a-t-il pesté. Le Premier ministre a dans ce sens regretté que «certains vecteurs audiovisuels versent plus dans la publicité mensongère, la violation de la vie privée, l’atteinte à la dignité des personnes, la désinformation et plus grave encore, des attaques contre la cohésion de la société algérienne avec des appels à la haine, au régionalisme et à la ‘fitna »».


L’impunité, c’est fini
«L’informel a envahi certains secteurs en touchant aux fondements moraux des Algériens», a-t-il poursuivi regrettant la «vulgarisation de l’insulte et l’invective». Il hausse le ton pour tracer les lignes rouges qu’il ne faudra pas dépasser! «Les valeurs et les principes de la société algérienne sont des lignes rouges», a-t-il affirmé, en regrettant que «ces limites ont été franchies» par certains médias. «L’on doit reconnaître que certaines chaînes de télévision pratiquent la publicité mensongère, la manipulation, l’humiliation. Cela peut créer un déséquilibre dans la société algérienne, provoquer la «´´fitna» et favoriser le régionalisme», a-t-il encore déploré. Il est allé plus loin en accusant certaines chaînes de télévision «d’évasion fiscale, de transfert illicite des devises». Il a dénoncé aussi certaines pratiques comme «le chantage, la diffamation, la divulgation des secrets des enquêtes, mais aussi les pressions exercées sur les cadres de l’État». Abdelmalek Sellal qui venait de donner un grand coup de pied dans la fourmilière, a, par la suite, nuancé ses propos en saluant «les efforts louables et courageux de la majorité des acteurs pour une télévision à l’algérienne, plurielle, diverse, créative et critique, qui sont malheureusement pollués et dévoyés par une minorité mue par l’appât du gain ou des desseins encore plus vils».
Pour ces derniers, il les a avertis que le gouvernement, mais aussi le peuple leur feront barrière. «Ceux qui veulent piétiner les valeurs des Algériens trouveront en face le gouvernement, mais aussi le peuple comme ennemis», conclut-il pour ce qui sonne clairement comme une mise en garde de toute tentative de manipulation médiatique…

Ce ne sont pas que les chaînes de télévisions privées qui en ont eu pour leur grade lors de la sortie d’hier du Premier ministre. Les fraudeurs ont clairement été menacés par Abdelmalek Sellal. «Le gouvernement poursuivra sa lutte contre la fraude dans tous les domaines, dans le cadre d’une opération très importante, notamment en cette conjoncture économique difficile induite par la chute des cours du pétrole», a-t-il indiqué, hier, lors de la cérémonie de destruction de deux millions de supports audiovisuels piratés, organisée par L’Office national des droits d’auteurs et des droits voisins (Onda). «Deux ans après la chute des cours du pétrole, l’économie nationale est toujours debout, comme l’attestent plusieurs institutions internationales. Cependant, la lutte contre la fraude est impérative pour l’édification d’une société développée», a-t-il insisté. Après avoir salué les résultats positifs réalisés en matière de lutte contre la fraude en matière d’importation, le Premier ministre a affirmé que les efforts intensifs de lutte contre la fraude contrecarrent les desseins de certaines parties. «Celui qui fraude n’est pas des nôtres», a-t-il conclu avec ce «Hadith» qui en dit long sur la volonté du gouvernement…

 

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