Algérie Télécom (AT) est appelée à multiplier par dix ses capacités de raccordement des clients au réseau ADSL pour les porter à une moyenne de 2 millions par an, alors qu’elles se situent actuellement entre 200 000 et 250 000 nouveaux clients par an.

C’est ce qu’a affirmé  Tayeb Kebbal, président-directeur général par intérim d’AT, dans un entretien à l’APS, précisant que l’opérateur public «compte actuellement 2,2 millions de clients». S’éloignant des discours d’autosatisfaction, il a considère comme «insoutenable» la capacité de raccordement actuelle au regard «des exigences liées au développement socioéconomique du pays et à la demande du marché». Il a une tâche bien précise depuis sa désignation à ce poste de responsabilité, en juin dernier : l’augmentation du taux de pénétration de la téléphonie et d’internet et l’amélioration de la qualité de service.

D’ici 2019, l’entreprise devra être capable de raccorder à internet tous les foyers du pays qui en feront la demande. Cependant, M. Kebbal a fait le constat que l’organisation et le fonctionnement de l’entreprise ne permettent pas d’atteindre ces objectifs ambitieux. Le but, à moyen terme, est l’essor des TIC et de l’économie numérique. «Notre performance devra se mesurer par deux éléments : la qualité de service et le nombre de clients raccordés, et cela devra passer nécessairement par des projets de déploiement intégrés, de bout en bout, jusqu’au client final», a-t-il mis en exergue. M. Kebbal a souligné que «désormais, dans le cadre d’équipes mixtes entre Algérie Télécom, entreprises, Ansej et fournisseurs équipementiers, la mise en service couvrira l’installation du réseau, l’installation de l’équipement et le préraccordement des foyers, même si le propriétaire ne souscrit pas immédiatement au service».

Pour faire adhérer le maximum de travailleurs à cette démarche, M. Kebbal a entamé une concertation avec les salariés pour la refonte de l’organisation de l’entreprise. En effet, l’organisation en place se caractérise par une forte centralisation du processus de prise de décision et une multitude de niveaux hiérarchiques qui créent des chevauchements dans les missions et dans les responsabilités. «Pour y remédier, j’ai initié rapidement un projet de refonte de l’organisation et du mode de fonctionnement de l’entreprise qui mise sur la mise en place,  progressivement, d’une organisation agile et souple permettant de réaliser les objectifs de l’entreprise», a-t-il expliqué. Les grandes lignes de ce projet visent à doter Algérie Télécom de procédures claires et simplifiées et d’une organisation agile lui permettant de s’adapter à son environnement tout en mettant le client au centre de ses préoccupations.

En plus de sa vocation économique, Algérie Télécom, en sa qualité d’entreprise publique, devra honorer ses obligations envers la société et l’Etat en matière de développement des TIC et de contribution à la diversification de l’économie. En raison d’une mutation profonde qui repose sur des besoins croissants d’accès instantané à l’information, la survie et la réussite de l’opérateur résultent de sa capacité à réinventer un modèle économique et une stratégie orientés vers l’avenir. L’objectif est d’apporter des réponses au développement des nouveaux usages et de refléter les transformations du secteur.

De plus, compte tenu de la pression exercée par l’apparition constante de nouveaux acteurs sur le marché, l’opérateur doit se risquer à un exercice périlleux : se renouveler sans cesse pour garder en permanence une longueur d’avance. M. Kebbal a ajouté un constat : les salariés dédiés aux métiers du management et de la négociation commerciale pour lesquels AT dépense des dizaines de milliards de dinars, notamment via des contrats avec les fournisseurs, «n’ont pas été convenablement formés et préparés à gérer et à  négocier ce type de contrats». Un programme de formation sera lancé dès septembre et touchera dans sa première phase plus de 1000 salariés. Pour améliorer la qualité de la relation avec ses clients, l’entreprise leur a donné la possibilité d’adresser directement leurs doléances à la direction générale, via la boîte e-mail (jesignale@at.dz.) qui «connaît déjà un franc succès».

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