L’été dernier, assis sur un banc poussiéreux dans un parc de Batna avec un vieux routeur qui refusait obstinément d’accrocher la moindre barre de réseau, je me disais que l’accès universel restait une utopie. C’est précisément ce problème que le géant de l’aérospatial veut régler de l’autre côté de l’Atlantique. L’entreprise d’Elon Musk vient de […]
L’été dernier, assis sur un banc poussiéreux dans un parc de Batna avec un vieux routeur qui refusait obstinément d’accrocher la moindre barre de réseau, je me disais que l’accès universel restait une utopie. C’est précisément ce problème que le géant de l’aérospatial veut régler de l’autre côté de l’Atlantique. L’entreprise d’Elon Musk vient de frapper un grand coup dans le secteur des télécommunications. Concrètement, la firme a mis la main sur des fréquences précieuses pour propulser son projet. Ce rachat marque un tournant historique.
Le rachat porte sur quatorze mégahertz de fréquences appariées dans la bande des 800 MHz à l’échelle nationale américaine, cédées par Grain Management. Ce mouvement stratégique vise un objectif précis. D’après les déclarations officielles, il s’agit de la dernière pièce manquante du puzzle hertzien. Les satellites de la constellation s’occuperont de couvrir les zones extérieures, tandis que cette nouvelle bande de fréquences permettra de traverser les murs pour assurer une couverture intérieure optimale. C’est la même logique que l’arrosage automatique d’un jardin immense : les satellites font tomber la pluie au loin, et les antennes locales s’occupent des pots de fleurs abrités sous la véranda.
Ce qui me plaît ici, c’est l’audace technique du projet global. La plupart des téléphones portables actuels gèrent déjà cette bande de fréquences sans modification matérielle. Le futur réseau baptisé Starlink Mobile exploitera en parallèle son spectre de bande moyenne de 2 GHz pour garantir des débits massifs en plein air. Pour y parvenir, la société prévoit d’associer sa flotte orbitale à des femtocells terrestres afin d’offrir une véritable connectivité 5G. Une fois les feux verts réglementaires obtenus, l’opérateur déploiera une architecture hybride. Elle reliera directement l’espace et le sol pour éliminer définitivement les zones blanches sur le territoire américain. Pour en savoir plus sur les détails de cette stratégie, vous pouvez consulter l’analyse complète de l’actualité concernant les ambitions de SpaceX sur les bandes basses.
Face à cette armada, les mastodontes historiques du marché américain ont du souci à se faire. Des acteurs majeurs comme AT&T, Verizon et T-Mobile voient arriver un concurrent redoutable. Le service affichera des performances redoutables, en particulier dans les régions rurales reculées où les infrastructures terrestres coûtent trop cher à entretenir. Pour supporter cette charge colossale, les autorités fédérales ont déjà donné leur accord pour le lancement de quinze mille satellites de nouvelle génération. Pour la petite histoire, les blocs de fréquences achetés appartenaient initialement à T-Mobile, qui s’en était séparé lors d’un vaste échange commercial estival.