le 16 février dernier à l’hôtel Sofitel d’Alger plusieurs experts pour débattre d’un sujet qui fait couler beaucoup d’encre en ce moment : le lancement prochain de la 4G. L’Algérie est-elle réellement prête à offrir cette technologie aux consommateurs ? La Ministre de la Poste et des TIC en est certaine, certains experts sont plutôt sceptiques…

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Pour la 3ème édition de son Forum de discussion autour des nouvelles technologies de l’information et de la communication, N’TIC a tapé dans le mille. Au moment où Houda-Imane Faraoun était l’invitée de la radio chaîne 3 pour évoquer plusieurs points notamment celui de la 4G, le magazine a réuni plusieurs experts nationaux et internationaux pour débattre et échanger sur cette technologie.

Parmi eux : Fayçal BESSAH, Directeur Stratégie, Programmation et Performances chez Mobilis; Ziad MALOUCHE, Directeur régional avant-vente dans le domaine de la radio et de l’internet mobile chez Ericsson France; Mérouane DEBBAH, Directeur du centre de recherche de Huawei à Paris en mathématiques et algorithmiques et Professeur à CentraleSupelec;Roslane BENCHARIF, consultant international en TIC et Directeur de la société MPS; et Farid LEFKIR, vice-président de l’Association algérienne des TIC (AITA) et Directeur de la société M2I Services.

Si Fayçal Bessah et Ziad Malouche sont persuadés que l’Algérie est prête à franchir le cap, Farid Lefkir et Roslane Bencharif en doutent. Ce dernier se pose en effet la question de «  la pertinence du lancement d’un réseau 4G qui sera coûteux pour les opérateurs alors que la 3G n’est pas proposée par les 3 opérateurs sur le territoire national. La technologie étant relativement nouvelle, les coûts à supporter par les opérateurs ne seront pas négligeables et impliquent par conséquent un retour sur investissement loin dans le temps. Car même si le prix de la 4G sera plus élevé, combien de personnes vont y souscrire ? L’Algérie peut-elle se permettre de lancer la 4G alors qu’elle entre dans une période d’austérité ? « .

Fayçal Bessah n’est pas du même avis, affirmant que le passage à la 4G  » se fera de manière beaucoup plus simple que le passage à la 3G++ et surtout moins coûteuse « . Zied Malouche assure aussi que du côté des équipementiers,  » la technologie 4G est flexible et n’exige pas un lourd investissement. Les besoins en TIC sont en constante évolution. Les consommateurs en voudront toujours plus et plus vite. Mieux vaut donc anticiper sur la demande que de réagir quand elle prendra de l’ampleur « .

Mérouane Debbah s’est plus focalisé sur ce qu’apportera la 4G à l’Algérie.  » Elle permettra la diversification des TIC. Avec la 4G, les objets connectés par exemple seront disponibles et plus accessibles dans le pays « . Mais selon lui,  » la 4G doit avoir un intérêt économique pour qu’elle soit rentable. Le passage d’une génération mobile à une autre doit être la suite logique d’un processus historique « .

Farid Lefkir attend les opérateurs sur la qualité de services et sur les prix qu’ils proposeront au consommateur.  » Les prix d’Internet fixe ou mobile dans les pays voisins sont 5 fois moins chers que ceux appliqués en Algérie ! « . Prioriser le lancement de la 4G est une erreur du Ministère selon l’expert. Les priorités sont toutes autres, à savoir «  améliorer le rapport qualité/prix des connexions fixes et mobiles déjà existantes, développer le contenu algérien et créer des points d’échange locaux « .

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